Décès de Jean Maury, archéologue aveyronnais, fondateur du club archéo de la MJC de Rodez

Posted By on 30 novembre 2012

Jean Maury, archéologue aveyronnais, nous a quitté et le club archéologie et patrimoine de la MJC de Rodez dont il est le fondateur tenait à honorer sa mémoire.

Professeur à l’université de Toulouse et au lycée Monteil, il a toujours affirmé une volonté de partage de ses immenses connaissances. Il a ainsi ouvert un club d’activité consacré à l’archéologie à la MJC de Rodez  au début des années 70. Il a pu alors former de nombreux archéologues qui lui doivent leurs premières découvertes et une vision scientifique du patrimoine dans un but de sauvegarde et de protection. Investi dans le bénévolat, il fut aussi vice-président de l’Aspaa (association de sauvegarde et de protection du patrimoine archéologique aveyronnais).

Amoureux des vestiges archéologiques et passionné de vérité scientifique, il publia sa thèse sur les étapes du peuplement sur les grands causses en 1967.

Il s’intéressa également au phénomène mégalithique pour lequel il réalisa de nombreuses études et un inventaire pour la zone du Causse Comtal.

Grand voyageur, il réalisa aussi plusieurs missions d’étude notamment en Afrique du nord, démarche alors novatrice, qui lui offrit l’occasion de comparer plus largement l’histoire aveyronnaise dans son contexte international.

Mais son centre d’intérêt principal, sa ligne directrice fut le mésolithique et le néolithique ancien. Ce chercheur rigoureux, indépendant et visionnaire trouva dans ces périodes charnières un terrain d’investigation à la hauteur de son exigence scientifique.

Analysant avec une précision rare les outils microlithiques et les stratigraphies particulièrement complexes du mésolithique, il proposa une vision cohérente et scientifique qui fait toujours référence pour cette période préhistorique.

Les chantiers de fouille de Roquemissou (sondage initial), des Usclades 1 et 2 , du Roc Troué, de la grotte de Reycabrot et de l’abri des Salzets notamment ont été les supports principaux de ses recherches publiées dans des revues internationales (Nature notamment), nationales (bulletin de la société préhistorique française notamment) et régionales (cahiers d’archéologie aveyronnais notamment). Son équipe de fouille se faisait une joie de se retrouver tous les étés sous la direction bienveillante et amicale de  cet archéologue humaniste. Il  compléta les informations recueillies par des prospections de surface dont il fut le pionnier en Aveyron.

Une de ses découvertes la plus connue et la plus étonnante est une stèle trouvée dans l’abri numéro 2 des Usclades : « sans utilité pratique apparente, il s’agit probablement d’une stèle possédant une signification religieuse. Sa forme allongée, ses bords parallèles, sa partie supérieure arrondie suggèrent une idole très schématique que sa position érigée rapproche des stèles religieuses anthropomorphes. Peut être est-ce la représentation d’un être mythique ou d’une divinité, le dieu des Usclades » (Guide d’archéologie n° 3, Dix ans d’archéologie en Aveyron, 1996).

Interprétant tous les signes laissés par nos ancêtres, il se plaisait à déclarer que l’une de ses plus belles trouvailles avait été un petit pois carbonisé qui prouvait un début d’activité agricole. Son humour marquait les échanges et les conversations toujours agréables et enrichissantes que l’on pouvait avoir avec lui pour ceux qui ont eu la chance de le connaître.

 

Le philosophe, le scientifique, l’archéologue bénévole et généreux nous manquera. Le club « archéologie et patrimoine » de la MJC de Rodez souhaite faire vivre sa mémoire et son héritage de partage des connaissances.

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