Voie ancienne de Vayssettes

Posted By on 8 avril 2019

Ce projet de prospection a été initié suite à un risque de destruction de la voie antique au nord de Rodez. L’itinéraire concerné est celui reliant la cité des Rutènes à Ad Silanum qui se situerait sur l’Aubrac. La zone des travaux du contournement de Rodez a concentré notre analyse sur une dizaine de kilomètres entre les communes d’Onet-le-Château et Lioujas-la Loubière.

Les deux premières étapes du projet se sont centrées sur la bibliographie de cette voie et sur la prospection pédestre.

La bibliographie assez abondante débute au XIXème s. et fige rapidement le tracé de la voie entre Rodez et Espalion à travers le Causse Comtal. Les publications ultérieures ont peu modifié ces hypothèses. Cette situation nous a incités à relire précisément les différents documents. Il est apparu que certains postulats ayant orienté le trace initial sont contestables (utilisation de la Table de Peutinger, localisation d’Ad Silanum, longueur de la lieue gauloise, faible intégration de l’environnement archéologique, etc.).

La prospection pédestre a été réalisée par les bénévoles du Club Archéologique des MJC de Rodez et Onet-le-Château, parallèlement la bibliographie. Elle a confirmé en partie les problèmes relevés dans l’analyse bibliographique. La montée sur le Causse Comtal de cette voie pose notamment question. Les tronçons menacés par les travaux routiers ont été surveillés suite à ces prospections pédestres. Le travail bénévole de Michel Raynal a fortement contribué à sauver la voie ancienne coupant le contournement de Rodez.

L’étude bibliographique et les résultats des prospections pédestres nous ont conduits à nous concentrer sur les traces archéologiques de la voie étudiée plus que sur son hypothétique tracé.

Deux tronçons ont été repérés au niveau du Claux (commune d’Onet-le-Château) et de Vayssettes (communes de Gages-Montrozier et Bozouls).

Les opérations archéologiques de 2018 ont principalement concerné Vayssettes. Ce tronçon d’une longueur d’environ deux cents mètres présente de nombreuses bordures en calcaire de dimensions variables encadrant une chaussée empierrée de six mètres environ.

Opération de relevé du tronçon de voie

Une fois la zone débroussaillée, des relevés pierre à pierre et des photographies ont été réalisés sur l’ensemble de la voie observable. Un plan d’ensemble a pu ainsi être établi.

Le tracé suit une direction sud-ouest – nord-est et n’est pas parfaitement rectiligne malgré un terrain plat. La proximité du substrat naturel explique un revêtement formé de pierres de petites tailles (dimension moyenne de 15 cm par 10 cm). Les bordures d’une dimension moyenne de 38 cm par 25 cm ne sont pas posées de chant pour les mêmes raisons mais délimitent nettement la voie. Aucun fossé ou accotement n’a pu être observé en prospection.

Photographie recomposée du tronçon de voie

La datation de ce tronçon est problématique. Ni la technique de construction, ni l’environnement archéologique ne permettent de conclure à une voie antique. L’étude de la bibliographie n’a pas non plus fourni de réels arguments. La possibilité de traces médiévales sur un tracé plus ancien n’est pas écartée mais n’est pas non plus argumentable dans l’état actuel de nos connaissances. Ce projet a permis d’affiner l’information archéologique sur la zone étudiée et a souhaité montrer l’intérêt de l’étude des traces en préalable à l’établissement de tracés. L’inconvénient de cette approche est de ne pas fournir de conclusions rapides et nos futurs travaux tenteront d’apporter de nouveaux éléments, notamment dans la zone du Claux. De plus, cette dernière pourrait être associée au sanctuaire rural de Cadayrac (commune de Salles-la-source)

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