Visite de la Cathédrale ND de Rodez : 30 avril 2011

Posted By on 8 mai 2011

Petit résumé de notre visite  :

Visite guidée et commentée généreusement par  Christophe LAURAS,

président de l’Association des Amis de la Cathédrale de Rodez et membre de la Société des Lettres Sciences et Arts de l’Aveyron.

Nous étions 25 personnes à participer à cette visite, dont 13 membres du club Archéo.

La visite débute par l’ascension d’une tourelle du portail sud, qui nous amène  au niveau des  planètes du déambulatoire sud (toitures terrasse de la Cathédrale). Petites explications architecturales et historiques, admirablement délivrées par notre guide.

« La première pierre de la cathédrale actuelle fut posée en 1277 par l’évêque Raymond de Calmont d’Olt. Cependant, la guerre de Cent Ans, puis les épidémies et notamment la peste noire de 1348 ainsi que diverses querelles au sein du diocèse provoquèrent une longue interruption de ce monumental chantier. »

De ces planètes nous contournons l’abside en déambulant sous les arcs boutants, nous arrivons au pied du clocher où notre guide fait un petit historique de la « bête ».

« À la fin du XIVe siècle, un clocher purement défensif fut érigé, couronné d’une flèche de bois. Au XVe siècle, les travaux furent repris de plus belle avec l’achèvement du chœur et de sa voûte, puis le lancement de la construction du transept et des premières travées de la nef.

Pour l’accomplissement de ces travaux, les plus grands artistes de l’époque furent sollicités dont le sculpteur bourguignon Jacques Morel. Ceci explique l’origine de ce nouveau style médiéval qualifié de flamboyant à Rodez.

Au XVIe siècle, François d’Estaing et Georges d’Armagnac donnèrent un nouvel élan à la construction de la cathédrale. Après l’incendie du clocher en 1510, sa reconstruction telle qu’elle existe aujourd’hui, fut entreprise par une centaine de tailleurs de pierre, sous la direction d’Antoine Salvan de 1513 à 1526. L’achèvement du clocher et de la cathédrale intervinrent vers 1531. »

Nous voila donc partis pour l’ascension du clocher….quelques centaines de marches plus haut, nous sommes à l’étage des cloches. 8 cloches composent le carillon. C’est dans cette salle que la voûte reposant sur des trompes fait passer le clocher du plan carré au plan octogonal.

Non sans efforts, Danièle a l’honneur de faire sonner le gros bourdon Saint Pierres (5 tonnes).

Et c’est reparti pour une autre centaine de marches vers le sommet…

….nous arrivons dans la dernière salle, située juste sous la terrasse finale. De plan octogonal, très ajourée et flanquée du spectaculaire et vertigineux escalier central, cette pièce est une véritable dentelle de pierres pleine de courants d’air…une dernière volée de marche et c’est le sommet du clocher.

Il culmine à 87 mètres (les tours de ND de Paris c’est 69 m, Reims c’est 81 m, Amiens c’est 68 m et Albi c’est 78 m…) ce qui fait 400 marches au dessus de la rue Frayssinous, c’est le plus haut clocher d’Europe sans flèche ! Encore un record Aveyronnais….

Sur son lanterneau la Vierge couronnée, aujourd’hui en  pierre, mais à l’origine en bronze doré, elle domine la ville entourée de ses anges thuriféraires (porteurs d’encensoirs). Les traits des anges sont assez grossiers, il fallait qu’on puisse les distinguer d’en bas, c’est pour cela qu’on leur a fait d’énormes têtes, des yeux exorbités et de grosses mains aux doigts tentaculaires !

A propos d’anges, on rapporte que la nuit, à l’époque de François d’Estaing, ils venaient travailler à la construction de la cathédrale… Belle légende !

Là haut, point d’obstacles visuel, c’est un panoramique à 360° qui s’offre à notre regard, alors on en profite un peu avant de descendre.

De retour au niveau des  planètes, nous traversons le transept nord, en passant derrière le grand buffet d’orgue, considéré comme un des plus beau de France, non pour sa sonorité (remarquable tout de même, le toucher et les sonorités y sont adéquates au répertoire français des XVIIe et XVIIIe siècles)  mais pour son architecture.

« Superbe buffet renaissance d’un équilibre parfait, s’inscrivant dans l’arc du transept nord. Cet orgue a été construit en 1629 par Antoine Vernholes, de Poitiers, avec le concours de Raymond Gusmond, maître sculpteur de Périgueux »

De l’autre coté du transept nous débouchons sur les planètes du collatéral nord, et nous dirigeons vers la grande façade occidentale de la place d’armes.

Nous empruntons l’escalier à vis aménagé dans un des clochetons de la façade, quelques marches dans le noir total (c’est l’aventure !) nous débouchons sur l’étroite tribune au pied du fronton renaissance, dominant la place d’armes….vertigineux !

« Réalisation de l’épiscopat d’Armagnac, l’étrange construction accolée au bout de la charpente de la cathédrale, est une fausse façade d’Eglise, totalement aveugle. Elle est surplombée d’un fronton flanqué de deux consoles en colimaçon et agrémenté de plusieurs statues de saints. Elle évoque une prémonition des églises jésuites bâties à partir du XVIe siècle sur le modèle du Gésu (Rome) »

Nous descendons côté sud, dans le clocheton opposé, là aussi dans le noir total ! Maintenant nous sommes sur les planètes du collatéral sud, nous avons ainsi fait le tour complet de l’édifice depuis les planètes extérieures !

Retour à l’intérieur de la Cathédrale en traversant le transept sud au niveau du triforium, sous la grande rosace du portail sud, vue imprenable sur le grand buffet d’orgue,  avant le retour sur le plancher des vaches.

La visite se poursuit à l’intérieur de la Cathédrale, notre petit groupe est attentif aux explications de Christophe, du principe architectural de la croisée du transept à l’histoire mouvementée du jubé et des stalles… quelques touristes s’incruste dans le groupe, c’est qu’il est passionnant  le bougre… nous contournons le chœur en suivant le déambulatoire et ces chapelles rayonnantes garnies des tombeaux d’Evêques et Chanoines.

Arrêt obligatoire sur la chapelle axiale et les traces originelles de la cathédrale. Nous poursuivons vers les chapelles sud, petite halte sur les restes splendides de la  malheureuse  clôture en pierre du chœur, détruite au XIX° siècle et petites explications  sur les tous nouveaux vitraux de Stéphane Belzère  et ces représentations anatomiques  qui ne font pas l’unanimité…….

Arrêt au pied du second maitre-autel de la cathédrale (encore une spécificité Aveyronnaise)  sous la grande rosace de la façade occidentale. Au passage explication sur la présence de cette monstrueuse chaire baroquo-exotique en plâtre, toujours en place.

Nous finissons la visite par les chapelles latérales sud et principalement par l’incontournable chapelle du  pauvre Gaillard Roux et sa célèbre mise au tombeau, avec toutes les anecdotes qui lui sont liées…

En espèrent que la visite de ce magnifique vaisseau de grès rouge aura plu.

Je remercie grandement Christophe LAURAS, pour ces explications  passionnantes et captivantes,  avec l’envie de récidiver sur d’autres patrimoines….

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